Sept ans déjà, pour être précis, et le chiffre 7 représente le repos, l’accomplissement et le passage à un niveau supérieur. Cette symbolique des chiffres reflète parfaitement ce qui se passe actuellement chez Akiiki, l’ASBL fondée par Marijke. Compte tenu de l’effet du projet et de la forte demande en cette période de changement, nous avons pris le temps, ces derniers mois, de réfléchir et d’élaborer un plan pour les années à venir.

Les experts en transition s’accordent sur ce point : dans les années à venir, nous aurons besoin de « connecteurs » entre l’ancien et le nouveau. Des connecteurs qui relient les personnes, les idées et les systèmes afin qu’un nouveau réseau et des formes de collaboration innovantes puissent émerger. C’est aussi vrai en Ouganda qu’en Flandre.
Nous savons que le nouveau leadership n’est plus basé sur l’« ego ». Nous n’avons plus besoin de nous placer au-dessus des autres pour atteindre notre objectif. Le nouveau leadership opère à partir de la connexion et se base sur l’authenticité. Les connecteurs en sont conscients et savent comment agir ensemble. Cela mène automatiquement à une citoyenneté plus intense et engagée, ainsi qu’à une intégration professionnelle plus forte.
Formation pour les hauts potentiels
Akiiki souhaite proposer une formation de connecteur à de jeunes personnes vulnérables qui se distinguent par leur enthousiasme et leur désir de transmettre la méthode à d’autres. En tant que « hauts potentiels » ou « hippos », ils sont invités à suivre ensemble un programme annuel approfondi et à devenir des leaders de la connexion.
Selon les interprétations populaires, les personnes dotées de l’« énergie de l’hippopotame » ont la capacité innée de savoir ce qui se cache sous la surface de chaque situation. Elles voient et disent la vérité et possèdent une intuition forte. Elles sont pragmatiques et équilibrées, mais sont également connectées au monde spirituel. Elles sont aussi créatives.

Trajectoires parallèles en Flandre et en Ouganda
L’ASBL Akiiki veut procéder de manière radicalement différente dans la formation : par l’expérimentation, le partage et la co-création, les jeunes adultes s’approprient leur propre processus d’apprentissage. Ils sont soutenus par des accompagnateurs expérimentés capables d’activer leur plus haut potentiel futur. En se concentrant sur les hauts potentiels ou « hippos », l’ASBL Akiiki vise une mise à l’échelle et un impact accrus : les jeunes connecteurs formeront à leur tour d’autres connecteurs par le biais d’interactions au sein et en dehors de l’ASBL.
Un groupe de jeunes en Ouganda et un groupe de jeunes en Flandre suivent parallèlement le même parcours annuel pour ensuite interagir les uns avec les autres : ils peuvent ainsi expérimenter que, malgré les différences majeures et visibles, ils vivent selon les mêmes valeurs. Au cours du voyage, l’ASBL Akiiki crée des rencontres inspirantes et des pratiques d’écoute approfondies qui permettent aux hippos flamands et ougandais d’explorer des sources de connaissances plus profondes. Les hippos deviennent les ambassadeurs d’un nouveau récit : la bienveillance, l’unité et la responsabilité partagée deviennent leurs nouveaux critères pour l’avenir.
Créer des lieux de connexion
Année après année, le nombre de connecteurs augmente. Le besoin se fait sentir, tant en Ouganda qu’en Flandre, de disposer d’un ou de plusieurs lieux où le chemin intérieur est également visible et tangible à l’extérieur. Par le biais de l’entrepreneuriat accompagné, le dessin de « lieux de connexion » débutera en 2024 avec les jeunes et la communauté locale. Ce sont des endroits où des formations seront dispensées, où la citoyenneté responsable et dirigeante sera concrétisée, et à partir desquels des entreprises et des initiatives durables verront le jour et entreront en interaction constructive les unes avec les autres.
Et l’histoire ne s’arrête pas là, car tout se met en mouvement. Les thèmes autour desquels les jeunes adultes connecteurs entreprendront deviennent clairs et exigent de nouvelles structures et formes de collaboration. L’entrepreneuriat coopératif social devra prendre forme concrètement et viser à répondre aux besoins fondamentaux de la communauté : nourriture, eau, espace, éducation, sécurité, plaisir, cohésion sociale… Une expérience sociale avec un début, mais sans fin !